JULIE TOCQUEVILLE

Ablainzevelle


Exposition les 16-17-18 mars 2017

 

Le trajet comme matière : recherches autour du déplacement

Ablainzevelle est une commune française du département du Pas-de-Calais, Hauts-de-France. Elle est située à "vol d'oiseau", à égale distance de Bruxelles et de Rouen (où vit et travaille Julie Tocqueville).
A l'occasion de cette résidence/exposition. Ablainzevelle devient un repère spatial, un point substantiel pour la plasticienne.

Julie Tocqueville est habituée à utiliser l'espace d'exposition comme matière première de son travail.
Ici, le trajet de Rouen à Bruxelles sert de point de départ pour l'exploration de la notion de déplacement.

julietocqueville.com

 


Chemin faisant (la route fût longue mais le chemin est beau.)
Une colonne composée d'enrobé de route gît au centre de l'espace d'exposition, du sol au plafond. Elle est composée de morceaux d'asphaltes. Tous ces morceaux ont été prélevés un à un durant le trajet Rouen-Bruxelles que la plasticienne a effectué sur trois jours. A l'image du macadam ou de la croute terrestre composés de différentes strates, les blocs d'asphalte sont empilés comme une succession d'étapes d'un voyage qui s'additionneraient. Ces morceaux deviennent témoins d'un parcours, sorte de « carnet de route matériel » et peuvent évoquer une démarche de « petit poucet inversé ».


Poster du Titanic
L'évocation du titre laisse imaginer une affiche punaisée parmi d'autres dans la chambre tapissée de posters d'une adolescente. II n'en est rien car ici rien n'évoque l'idylle cinématographique sur fond de paquebot au destin tragique que nous connaissons tous. Le Titanic présenté ici a perdu de sa superbe. II est lui aussi en état de décrépitude mais il s'agit d'un ancien établissement bordant une base de loisir dans le Nord.


(Ca0)x(Si04)y(H20)z ! Ca(OH)2
Le motif présent sur chacun des carreaux de ciment est en réalité une représentation schématique de la composition chimique du ciment dit « de Portland » utilisé pour la fabrication de ceux-ci. L'eau provoque une réaction chimique avec les différents composants pour donner deux phases majoritaires : une phase majoritaire nommée "silicate de calcium hydraté"  et une deuxième appelée "Portlandite". C'est l'enchevêtrement des aiguilles de silicate de calcium hydraté autour des grains de portlandite qui permet la solidification du ciment.

Projet réalisé en collaboration avec Nicolas MAT, Docteur en physique


Hémérochorie
Les plantes se propagent dans leur environnement le plus souvent grâce à la dissémination de leurs graines, on parle aussi de « dispersion des graines ». Les plantes n'étant pas des êtres mobiles, plusieurs stratégies existent dans la nature pour amener de nouvelles plantes à croître loin de la plante mère. Il existe plusieurs modes de dispersion faisant intervenir différents agents comme le vent (anémochorie) ou l'eau (hydrochorie) par exemple.
l'Hémérochorie induit une dispersion liée à l'activité de l'homme. Ainsi chacune des plantes présentes dans l'espace d'exposition doit sa présence, par définition, à l'activité plastique de l'artiste en résidence dans le lieu.


"Après des décennies vouées à la dé-esthétisation, Julie Tocqueville est de ces artistes qui envisagent une ré-esthétisation de l’oeuvre d’art, passant par le renouveau de l’expérience sensible. Elle appartient à cette génération qui atteste que l’art contemporain est devenu un terrain d’expérimentations et l’objet d’une ou plusieurs expériences.
Du latin experiri et du grec peiras, le terme d’expérience signifie un périple et un possible péril dans lequel est faite l’épreuve de la limite.
Julie Tocqueville nous embarque dans cette exploration du réel en partant du principe que chaque élément de la vie quotidienne est une oeuvre potentielle.
Au premier abord étranges, les propositions de Julie Tocqueville revitalisent, stimulent et aiguisent notre faculté d’expérience (...)"
Marie-Andrée Malleville, L’esthétique de l’expérience